samedi 22 novembre 2014

Weekly #1 - Jorge Ben, Violent Soho, Cuthead...


Plutôt que d'attendre que les astres soit alignés pour claquer une playlist à thème, je me lance aujourd'hui dans une playlist hétéroclite, sans logique, et - je l'espère - hebdomadaire. 10 titres que j'ai écoutés, découvert, qu'ils soient récents ou non, mais qui en valent sincèrement le coup d'oreille.

Pour cette première semaine, il y a de tout : la samba inspirée du génial Jorge Ben, la house foisonnante de Cuthead, le hip-hop électrisant de The 1978ers, le rock abrasif de Violent Soho, l'électronica vaporeuse de Weval... Sans oublier la déflagration de Dumbo Gusto et ses gros cuivres, la délicatesse pop des Veins de Palace et One Time Too Many de Martin Mey, l'exploration onirique de Koloto et pour finir la soul si savoureuse de Curtis Mayfield légèrement retravaillée par DJ Reverend P. Tout ça réuni sur une playlist Whyd, à écouter ci-dessous. N'hésitez pas à vous abonner directement sur la plateforme, j'y laisse fréquemment des nouveautés et j'y construis la plupart de mes playlists.

mardi 18 novembre 2014

Oldies : The Beatles - Free As a Bird (1995)


Oui vous avez bien lu, les Beatles ont bien sorti ce Free As a Bird en 1995.

Composé en 1977 par John Lennon, ce morceau a été extrait des lymbes grâce à Anthology, le projet qui a vu la carrière des quatre garçons dans le vent retracée et agrémentée d'une série télé, de chutes de studio et autres raretés croustillantes. Yoko Ono, l'une des muses les plus haïes (à égalité avec Courtney Love) de l'Histoire moderne, file des enregistrements de 4 titres inédits écrits par John, pour que les Beatles respirant encore en fasse quelque chose susceptible d'intégrer la compilation Anthology 1. Paul et Georges complètent ce qui manque à la démo de Free As a Bird pour aboutir au matériel final, qui voit les trois compères partager le micro pour la première fois.



Malgré le côté assez dérangeant de la chose et le but pas vraiment dissimilé de faire du pognon sur le dos d'un mort, la mayonnaise avariée prend et on ne peut s'empêcher de penser qu'ils auraient pu faire encore de superbes choses si le destin (portant un double menton et de grosses lunettes rondes) n'en avait pas décidé autrement. Quoi qu'il en soit, pour ceux qui - comme moi - atterrissent en 2014, il n'est jamais trop tard pour découvrir un morceau des Beatles.

mardi 4 novembre 2014

Concert : Ty Segall @La Coopérative de Mai


"Un concert du divin Ty Segall ça ne se rate pas" : c'est cette maxime bien connue (si si) qui m'a valu les 2h30 de route en pleine semaine de boulot, pour assister à son concert en terres auvergnates.

JC Satan, le malin mal élevé 

Une fois le trajet effectué et le vieux grec dégoulinant ingurgité, me voilà dans la salle face aux antipathiques JC Satan. Je sais pas si c'est le fait de jouer devant un public éparpillé et peu réactif, ou une quelconque animosité antérieure envers Clermont, mais les membres ont l'air d'avoir autant envie d'être sur scène que de se faire un Bagammon avec King Jong Un... Et encore, je pense que l'hypothèse d'être obligé de perdre à un jeu tout naze les ravirait bien davantage. Leur set est cependant énergique, bien violent et dense, comme leur réputation le laissait entendre. Néanmoins j'espérais un peu plus d'hétérogénéité, là on a juste l'impression qu'il nous ont démoulé un gros bloc avec quelques nuances par endroit. Ils repartent d'ailleurs comme ils sont arrivés, ça tombe bien, il en va de même pour moi.

Ty "Steven" Segall, piège à grande vitesse

Une bonne binche plus tard, un cowboy débarque, moustache aux aguets, chemise en jean ouverte sur une pilosité luxuriante et un petit foulard rouge autour du cou. On devine avec beaucoup de talent un doux accent texan, pendant que le gars nous raconte sa vie, celle de la génèse du nom du backing band de Ty Segall, et d'autres trucs dont je n'ai compris que la partie des mots qu'il a daigné ne pas avaler. Le groupe débarque alors, grimé tel de beaux hippies sur leur 69, remerciant ce cher Jimmy pour cette savoureuse intro.

C'est bien évidemment Manipulator qui ouvre le bal, en douceur, avec son synthé redondant. Une entrée en matière de premier choix. Au fil des titres joués avec une intensité dingue, on sent que Ty a le manche qui démange : quand il ne gratouille pas entre les morceaux, il fait durer ses solos déjà bien présents sur l'album. Il y a d'ailleurs autant à jeter dans ce set que sur platine : nibe. The Faker, It's Over, Tall Man Skinny Lady... tout s'enchaîne à merveille, on passe d'un déluge sonore à un autre, d'un solo de malade à un refrain fédérateur, porté par la voix très juste de Ty Segall et la très bonne prestation du reste de la team.
En milieu de set ils dégainent l'imparable The Singer, l'un des nombreux moments de grâce de Manipulator, pour faire un peu retomber la sauce et dégainer les briquets, avant de repartir dans des joutes de pogos et de slams endiablées. Mais le morceau qui a fait clairement la diff ce soir, c'est l'incandescent Feel, ce son de badass qui fracasse des culs comme un charpentier à la Fistinière. La foule est en transe, la basse prend aux tripes, les grattes donnent limite envie de devenir biker et de se faire tatouer les bouclettes blondes de Ty sur les biceps... c'est bien simple, le morceau ne semble jamais s'arrêter. Pourtant les dernières notes font un pincement au cœur tellement ce titre incarne la perfection rock'n'roll.



Je surprends alors le bassiste et le guitariste pointer du doigt le compteur de décibels, et quelque chose me dit que ça leur a donné des idées, tant les morceaux qui suivent défouraillent bruyamment nos pauvres âmes de pêcheurs (merci pour eux) et nos tympans au passage. C'est d'ailleurs cet accord entre violence et justesse mélodique qui fait de ce concert un vrai tour de force. Le seul truc qui manquerait peut-être, c'est une prestance plus importante du leader, même si sa dextérité, la passion et l'énergie qu'il dégage sur scène lui donnent un charisme assez incroyable.
Les inusables Thank God for The Sinners et Wave Goodbye se font entendre, pour rappeler au passage que le mec est l'un des compositeurs les plus prolifiques et qualitatifs de sa génération. Deux titres inconnus pour ma part servent d'ultimes saillies, mais le meilleur est déjà passé. Ce sont sous les applaudissements unanimes d'un public qui vient de prendre sa petite raclée de l'année que le groupe retourne en coulisse, se préparer fort probablement à délivrer un nouveau soufflet dans une autre ville.



Quatre heures de route aller-retour pour une heure et quart de jouissance, les comptes sont au beau fixe. Vivement le prochain album dans 2 mois.


Merci infiniment à la Coopérative de Mai pour la place et l'excellente programmation ;)


Autre live-report avec photos et vidéos sur Concertandco

vendredi 24 octobre 2014

French 79 - Angel EP


La découverte du marseillais French 79 me vient d'un autre local, le très recommandable Anticlimax. Après un petit peu de recherche il s'est avéré qu'on avait affaire à ni plus ni moins que Simon Henner, guitariste chez Nasser et machiniste chez Husbands.

Si on pense instinctivement à Kölsch, ce qui frappe sur cet EP c'est la sensation très agréable que l'on ressent en l'écoutant. Comme une béatitude niaise, la certitude d'entendre quelque chose d'incroyablement addictif et euphorisant. C'est en même temps un sacré pied de nez à la vague (que dis-je, le tsunami) deep-house/minimal, transportant son lot de tampons usagés et de sac plastiques en décomposition lente. Car avec trois fois rien, et trois fois moins d'artifice que ceux précités, French 79 arrive à nous transporter sur ses jolies nappes d'orgue, faisant de nous une vulgaire Jasmine sans défense, qui se met à chanter avec son ravisseur en tapis volant.



En plus de Kölsch, on pense évidemment à Kid Francescoli et Husbands, phocéens très appréciés chez la Besace. La pop en commun tout d'abord, cette simplicité qui parait si évidente quand elle parvient à nos oreilles, puis ce mélange entre bonne humeur et légère mélancolie. Caress par exemple fait très largement penser à Let You Down (Don't) du supertrio. Angel ferait bien office de single, très immédiat tout en se laissant lentement désirer, avec sa rythmique dansante et la multitude de motifs sonores imbriqués. Mais ne nous méprenons pas, malgré la toute relative luxuriance de sons sur les différents titres, on est loin d'une grosse masse de productions et de surcouches gerbantes de textures. Pas de viol de l'oreille au gourdin ici donc, plutôt un délicat préliminaire tout en dextérité et finesse.

On touche carrément à la grâce sur Between the Button, même si une fois encore on ne peut s'empêcher de penser au fait que c'est bel et bien Simon de Husbands qui est aux manettes. Même combat pour Naked City qui refait penser à Kölsch, ou encore à Nto et Worakls notamment, la progression étant comme d'habitude très bien pensée. La part belle aux mélodies, des influences notables et un son florissant mais pas trop pesant : voilà en quelques mots comment décrire l'excellent premier EP de French 79 (Microphone Records).