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jeudi 10 mars 2011

Découverte(s) #3

La sélection pour ce 3ème épisode fut rude, j'ai donc pris le parti de créer un second jet plus tard pour y parler d'autres petites pépites peu connues qui ont titillé mes oreilles récemment. Wait & see.

Blisses B
Maps & Atlases m'avait laissé une fort bonne impression l'année dernière avec leur album pop/folk indie aux résonances math. Et force est de constater que la formule miracle a fait des émules, dont le bel album de Blisses B, jeune groupe San Franciscain. Les similitudes sont notables, même type de voix chaude, forte tendance americana, jolies mélodies à la guitare, insertions math-rock, énergie à revendre et simplicité indie. Mais ne poussons pas la comparaison plus loin, ils sont plus qu'un simple ersatz du groupe suscité, d'autant plus qu'il serait impossible de savoir qui tient de l'autre... Et qu'on s'en fout pas mal. Laissez vous porter par leurs belles compositions, aux inspirations larges et sonorités variées.




Hidden Orchestra
A la liste des albums ratés en 2010, je peux ajouter le très beau Night Walks du jusqu'alors méconnu Hidden Orchestra. L'orchestre caché. Cela pourrait être une raison. En tout cas c'est une musique quasi ambiante que nous servent ces Écossais, empruntant autant au jazz qu'au dit trip-hop, en se nourrissant de quelques influences des 4 coins du globe. Et qu'on ne se méprenne pas, malgré l'ambiance aérienne et cinématographique rappelant parfois un autre orchestre (l'également génial Cinematic Orchestra), ce n'est pas une musique "ambiante" de bobo pour soirée vernissage, ni d'ascenseur. C'est plutôt la bande son d'un voyage en terres brumeuses, oppressant et inquiétant. Un périple aux rythmes soutenus, grâce aux 2 batteries participant grandement à l'atmosphère générale. Vivement conseillé.





Bass Drum of Death
Avec un nom à la fois aussi ridicule et mortel, on se doutait que le duo amerloque ne ferait pas dans la finesse. Comme prévu, c'est du bon vieux rock'n'roll/garage crasseux hanté par le blues qui est au rendez-vous. Surfant sur une vague de hype qui court depuis quasiment un an déjà, les joyeux lurons vont sortir un album le 12 avril qui s'annonce sulfureux. C'est spontané, frais, remuant, suffisamment mélodique et recherché, ça rappelle vaguement les Black Rebel Motorcycle Club pour le côté blues rock aux contours pop et Black Box Revelation pour le côté cradingue franc du collier et diablement énergique. Cuir (pas de moustache par contre), whisky et ambiance moite sont de rigueur.



Pyramid
Jeune lyonnais d'une vingtaine d'années, Pyramid distille une électro classieuse, tour à tour lyrique et violente, loin du rentre-dedans de beaucoup de productions actuelles. Ses morceaux maintiennent en haleine, créent une véritable atmosphère digne d'une BO de science fiction, entre classique, dance et minimal. D'ailleurs le gaillard ne manque pas de citer ses références, situées entre Versailles et Berlin, ainsi que son grand attachement au monde du cinéma -comme on aurait pu le deviner-. Un EP va sortir le 28 avril, The Hall, dont le teaser laisse augurer une fois encore le meilleur. Jetez vous à corps perdu dans ses vortex électroniques, laissez vous flotter sur ses nappes synthétiques. Ça en vaut la chandelle.

mercredi 19 janvier 2011

Découverte(s) #2

Certifié sans Anna Calvi ni James Blake.

Suuns

Annoncé par NME comme l'un des groupes prometteurs pour 2011, Suuns arrivve (je laisse la faute elle est trop belle) donc d'emblée plein de promesse, mais avec de gros risques de finir oublié une fois la hype descendue. Néanmoins leur premier album est franchement agréable, malgré quelques longueurs et un format assez commun de nos jours. En effet, on va dire que leur pop électronique moulée dans de la new wave un peu psychédélique n'a rien de réellement surprenante. Mais bon, quelques morceaux comme Arena font bien bien leur effet, et l'atmosphère générale sombre est cohérente. Gageons qu'ils pourront faire leur trou, pas leur fosse de groupe mort-né. C'est tout le mal qu'on leur souhaite.




Gobble Gobble
Les groupes lo-fi voire noisy fleurissent depuis quelques années déjà, et parmi la pléiade de navets inaudibles, on trouve des groupes comme Gobble Gobble. Peut-être que c'est le format majoritairement pop qui fonctionne très bien, et que les douces mélodies mettent du baume au cœur. Et ce malgré le bordel ambiant régnant, qui apporte clairement un gros plus à leur musique. Une poignée de math-rock, du 8-bit en masse, un brouillard épais synthétique, des nappes électroniques et des rythmes endiablés, tels sont les ingrédients de cette étrange et pourtant si savoureuse mixture. C'est fou, frais et euphorisant. Gaffe cependant à l'indigestion, sait-on jamais. (beaucoup de contenus à télécharger gratos sur leur Bandcamp, alors on fonce)



New Politics
Ah l'adolescence. Douce période où l'on écoute à peu près tout ce qui sonne vaguement punk avec un max de mélodies faciles, de paroles débiles et une énergie débordante. Et c'est la formule qu'on retrouve chez ce trio Dannois expatrié à NY. C'est simpliste à mort, rentre dedans, conventionnel voire assez creux, mais ça fonctionne à merveille. Le chant légèrement rappé additionné aux gimmicks punk et aux rythmes déboulant provoque des gestes incontrôlables, des mouvements de tête, des twist de jambe, voire des petits sauts. Yeah Yeah Yeah est un véritable hymne boutonneux, reprenant le flambeau d'un titre incendiaire comme Song 2 de Blur. Et aux vues du clip, quelque chose me dit que ça doit bien envoyer en concert. Allez on sort son t-shirt de Nirvana, ses Vans, ses mèches rebelles et on va gueuler et pogotter où passent les 3 gaillards.
Fang Island
J'avais complètement zappé leur album en 2010, car peu informé de la mouvance "post-rock"/"math rock". Et je suis passé à côté de quelque chose. Mieux vaut tard que jamais disons, j'ai pu me rattraper en l'écoutant plus que de raison depuis le début de l'année, et c'est une bonne claque qu'ils nous infligent. D'habitude assez sombre ou du moins brumeux, leur math-rock à eux dégage une luminosité et une joie de vivre peu habituelle. Majoritairement instrumentale, cette seconde mouture est un modèle du genre, avec ce qu'il faut de constructions alambiquées, de rythmiques tonitruantes et de riffs taillés à la hache. Pour tous les réticents au style en question, je ne peux que vous conseiller d'y jeter les 2 oreilles, au casque si possible. Après And So I Watch You From Afar quand même.


mercredi 9 juin 2010

#Découverte(s)

C'est sûrement pas une révélation pour tout le monde, mais il me paraît nécessaire de parler de mes agréables surprises récentes (ou non).

Soap&Skin
Découverte sur le tard grâce à la merveille qu'est Spiracle, Soap & Skin est une jeune Autrichienne envoûtante de 20 ans (ou presque) répondant au doux nom d'Anja Plaschg. Anja est belle, Anja est jeune, mais comme si ça ne suffisait pas Anja est foutrement talentueuse. Bon d'accord Anja est Autrichienne et a un nom d'onomatopée, mais quand on écoute son premier album (sorti il y a déjà plus d'un an) Lovetune for Vacuum on comprend à quel point on tient un petit miracle. Voisine des Cocorosie dans l'approche assez abstraite de la musique, avec l'utilisation de bruits particuliers -comme des crissements de violons ou des insertions électroniques-, et de Kate Bush pour le côté folk surdoué, Anja n'invente pour autant pas moins son propre univers musical singulier et ensorcelant, voire hypnotisant. Sa voix à la fois magnifique et torturée posée sur les douces mélopées de son piano file souvent des frissons. Souhaitons lui d'aller au delà de son statut de révélation indie, et de rejoindre le statut de ses aînées. Largement à sa portée.
Spiracle de Lovetune for Vacuum


Javelin
Alors que mes grands chouchous de Ratatat viennent tout juste de sortir leur LP4, je fais la découverte de ce...duo venant de...Brooklyn. Outre cette ressemblance sur le papier, on peut noter leur goût commun pour le psychédélisme, l'électronique, la pop, le hip hop et les sonorités du monde entier. La comparaison est facile mais à l'écoute c'est une autre paire de manche. Javelin est une machine à ingérer une quantité effarante de musiques diverses pour concocter des plats de gourmets compacts mais jamais estouffes*. Comme si leur javelot avait été lancé si fort qu'il parcourrait la terre entière pour chopper des éléments musicaux par ci par là. Une bonne grosse brochette quoi.
 Oscillant entre pop funky, hip hop foutraque aux relans world et rock psychédélique, leur 2ème album No Más envoie une baffe à travers nos têtes d'ahuris, une tornade de sonorités qui ne laisse personne indemne. Et on comprend à quel point la comparaison était non seulement trop facile, mais surtout foutrement réductrice. Ce javelot ira (encore plus) loin.


Epsilons / Wizzard Mountain
  Dans Le Meilleur des Mondes, les Epsilon sont petits et laids, juste bons à faire des travaux manuels simples. Dans le meilleur des mondes, les Epsilons seraient autre chose qu'un ex petit groupe underground de pisseux. Leur garage-rock (voire cave-rock pour le coup) lo-fi empruntait souvent les voies du punk, avec ce qu'il faut de beuglement, de voix éraillées, de décharges sonores et de rythmes énervés, malgré la présence d'un synthétiseur qui rendait le tout plus pop. Bien que franchement influencée et donc loin d'être originale, leur musique apportait de la fougue et de la fraîcheur, tout en faisant un clin d'oeil au passé (the Ramones, the Trashmen...).
Ils sont depuis 2007 nommés Wizard Mountain (avec une revue d'effectif probablement), et joue toujours leur garage-rock, un poil plus mature. Mais toujours aussi cradingue, qu'on se rassure.
Snap, Crackle, Pop ! de Epsilons


Civil Civic 
 Civil Civic est un duo basse/guitare efficace, jouant un rock instrumental assez lourd, brut de décoffrage et somme toute expérimental. Mais surtout jouissif. Comme l'atteste ce live étourdissant de Less Unless, partant en cacophonie pure mais tellement bonne..
Certains parlent de math-rock, d'autres de retour du grunge, un peu rien à foutre de ce qu'on peut coller dessus, c'est du très bon rock gras qui envoie la purée, avec intelligence.
Pas d'album pour le moment, juste un très bon premier EP, 1, et un vinyle 2 titres Run Overdrive/Fuck Youth sorti en 500 exemplaires. On attend avec impatience leur premier long effort, pour en prendre plein la tête pendant un peu plus longtemps que ça.