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jeudi 12 février 2015

Rock Tape #2 – Ty Segall Band, Violent Soho, Viet Cong


L'omniprésence des playlist Weekly m'a fait reléguer au second plan les autres listes de lecture thématiques, qui sont pourtant dans mes brouillons, prêtes à en découdre depuis un moment. Parmi elle la Rock Tape, qui fait son retour tapageur après avoir supporté plus de 6 mois de confinement. Garage, shoegaze, lo-fi, surf, new-wave... vous pouvez caser vos étiquettes favorites à loisir, il y a moult manières de faire grincer les guitares et de fracasser du fût. Voilà en tout cas de quoi sortir de la torpeur de l'hiver.



Tracklist
  • The King Khan & BBQ Show - Alone Again
  • Native America - What's On Your Mind?
  • Keroscene - Cotton Candy
  • The Living Eyes - High Standards
  • Superfood - TV
  • Viet Cong - Continental Shelf
  • Floor - Rocinante
  • My Invisible Friend - Eyes
  • The Orwells - Always N Forever
  • The Wytches - Wide at Midnight
  • A Place to Bury Strangers - Straight
  • Purple - Thirteen
  • Ponctuation - 27 Club
  • Violent Soho - Fur Eyes
  • Wand - Clearer
  • Will Butler - Take My Side
  • Alexandria - Secret Beach
  • King Gizzard & the Lizard Wizard - Cellophane
  • Dope Body - Powder
  • Ty Segall - What's Inside Your Heart (Live at San Francisco)

jeudi 22 janvier 2015

Ty Segall Band - Live in San Francisco en écoute intégrale


Ty Segall en concert, c'est la quintessence même du rock'n'roll : un son lourd qui t'écrase les côtes (ou peut-être que c'est à cause des pogos ?), des riffs incisifs comme des lames de rasoir, un chant abrasif et brut de décoffrage, des solos incessants... en gros tout ce qu'il fait de mieux en studio ajouté à l'urgence et le bordel du live. La cicatrice laissée par son passage à la Coopérative de Mai en octobre dernier ne disparaîtra d'ailleurs sûrement jamais, et c'est tant mieux.

Tout ça pour dire que Castle Face, le label de Thee Oh Sees (autres trublions rock fort recommandables en chair et en os), sort un album live du gaillard le 26 janvier prochain. Live In San Francisco met majoritairement à l'honneur les albums Twinset Slaughterhouse (sous le blase Ty Segall Band), même si la diabolique Feel et ses guitares possédées ont fait aussi le déplacement. Hélas la galette est déjà sold out en vinyle, si vous voulez headbanger dans votre salon il vous faudra vous contenter du CD ou du streaming Soundcloud ci-dessous.




Source

mardi 4 novembre 2014

Concert : Ty Segall @La Coopérative de Mai


"Un concert du divin Ty Segall ça ne se rate pas" : c'est cette maxime bien connue (si si) qui m'a valu les 2h30 de route en pleine semaine de boulot, pour assister à son concert en terres auvergnates.

JC Satan, le malin mal élevé 

Une fois le trajet effectué et le vieux grec dégoulinant ingurgité, me voilà dans la salle face aux antipathiques JC Satan. Je sais pas si c'est le fait de jouer devant un public éparpillé et peu réactif, ou une quelconque animosité antérieure envers Clermont, mais les membres ont l'air d'avoir autant envie d'être sur scène que de se faire un Bagammon avec King Jong Un... Et encore, je pense que l'hypothèse d'être obligé de perdre à un jeu tout naze les ravirait bien davantage. Leur set est cependant énergique, bien violent et dense, comme leur réputation le laissait entendre. Néanmoins j'espérais un peu plus d'hétérogénéité, là on a juste l'impression qu'il nous ont démoulé un gros bloc avec quelques nuances par endroit. Ils repartent d'ailleurs comme ils sont arrivés, ça tombe bien, il en va de même pour moi.

Ty "Steven" Segall, piège à grande vitesse

Une bonne binche plus tard, un cowboy débarque, moustache aux aguets, chemise en jean ouverte sur une pilosité luxuriante et un petit foulard rouge autour du cou. On devine avec beaucoup de talent un doux accent texan, pendant que le gars nous raconte sa vie, celle de la génèse du nom du backing band de Ty Segall, et d'autres trucs dont je n'ai compris que la partie des mots qu'il a daigné ne pas avaler. Le groupe débarque alors, grimé tel de beaux hippies sur leur 69, remerciant ce cher Jimmy pour cette savoureuse intro.

C'est bien évidemment Manipulator qui ouvre le bal, en douceur, avec son synthé redondant. Une entrée en matière de premier choix. Au fil des titres joués avec une intensité dingue, on sent que Ty a le manche qui démange : quand il ne gratouille pas entre les morceaux, il fait durer ses solos déjà bien présents sur l'album. Il y a d'ailleurs autant à jeter dans ce set que sur platine : nibe. The Faker, It's Over, Tall Man Skinny Lady... tout s'enchaîne à merveille, on passe d'un déluge sonore à un autre, d'un solo de malade à un refrain fédérateur, porté par la voix très juste de Ty Segall et la très bonne prestation du reste de la team.
En milieu de set ils dégainent l'imparable The Singer, l'un des nombreux moments de grâce de Manipulator, pour faire un peu retomber la sauce et dégainer les briquets, avant de repartir dans des joutes de pogos et de slams endiablées. Mais le morceau qui a fait clairement la diff ce soir, c'est l'incandescent Feel, ce son de badass qui fracasse des culs comme un charpentier à la Fistinière. La foule est en transe, la basse prend aux tripes, les grattes donnent limite envie de devenir biker et de se faire tatouer les bouclettes blondes de Ty sur les biceps... c'est bien simple, le morceau ne semble jamais s'arrêter. Pourtant les dernières notes font un pincement au cœur tellement ce titre incarne la perfection rock'n'roll.



Je surprends alors le bassiste et le guitariste pointer du doigt le compteur de décibels, et quelque chose me dit que ça leur a donné des idées, tant les morceaux qui suivent défouraillent bruyamment nos pauvres âmes de pêcheurs (merci pour eux) et nos tympans au passage. C'est d'ailleurs cet accord entre violence et justesse mélodique qui fait de ce concert un vrai tour de force. Le seul truc qui manquerait peut-être, c'est une prestance plus importante du leader, même si sa dextérité, la passion et l'énergie qu'il dégage sur scène lui donnent un charisme assez incroyable.
Les inusables Thank God for The Sinners et Wave Goodbye se font entendre, pour rappeler au passage que le mec est l'un des compositeurs les plus prolifiques et qualitatifs de sa génération. Deux titres inconnus pour ma part servent d'ultimes saillies, mais le meilleur est déjà passé. Ce sont sous les applaudissements unanimes d'un public qui vient de prendre sa petite raclée de l'année que le groupe retourne en coulisse, se préparer fort probablement à délivrer un nouveau soufflet dans une autre ville.



Quatre heures de route aller-retour pour une heure et quart de jouissance, les comptes sont au beau fixe. Vivement le prochain album dans 2 mois.


Merci infiniment à la Coopérative de Mai pour la place et l'excellente programmation ;)


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